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   Le logiciel éducatif : un assistant interactif pour apprendre   

Le logiciel évolue rapidement, s’améliore, se multiplie et se démocratise. De plus en plus accessible, simple et adapté à l’enseignement et à l’apprentissage, le logiciel est devenu une ressource complémentaire au matériel didactique traditionnel, ce qui permet de diversifier les approches pédagogiques, dans le but de favoriser la réussite scolaire.
Article écrit par Danielle Lemay, coordonnatrice du site logicielseducatifs.qc.ca de la DRD au MELS, pour la  revue l'École branchée. La version originale est disponible ici http://www.ecolebranchee.com/login


Dans le monde des technologies de l’information et de la communication (TIC), le logiciel est l’interface que les enseignants et enseignantes doivent maîtriser pour exploiter le potentiel de ces nouveaux outils. Le logiciel permet d’élargir la palette des ressources utilisées pour favoriser la réussite des élèves. Il est un moyen puissant pour captiver l’attention des élèves, voire les motiver à apprendre, dans la mesure où les logiciels sont intégrés à une situation d’apprentissage et d’évaluation. En ce sens, les logiciels sont de puissants « assistants » de l’enseignant qui sait les utiliser efficacement.

Cet univers des logiciels éducatifs est en pleine effervescence. Pour s’y retrouver, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a créé le site http://logicielseducatifs.qc.ca (LÉ), qui présente une grande sélection de logiciels évalués par des enseignants pour des enseignants. Ce site propose un premier regard critique et aide à choisir l’environnement le plus approprié à une activité pédagogique. Ce faisant, il suit l’évolution très rapide du logiciel, dégage une vision, construit une expertise et contribue, avec d’autres partenaires scolaires, à l’intégration des TIC en classe, tel que le prescrit le Programme de formation de l’école québécoise.

Des logiciels, il en existe beaucoup; plus d’un millier sont évalués dans LÉ, mais la majorité demeure peu connue. On observe dans les écoles, une tendance à conserver les logiciels déjà connus, alors que ceux qui ont plus de cinq ans sont fort probablement remplacés par une version plus récente ou un autre plus performant. Qu’on le veuille ou non, il faut suivre l’évolution actuelle, car on est en plein cœur du changement, notamment avec les applications sur le Web. C’est l’une des raisons du soutien du MELS. Si les composantes physiques de l’ordinateur ont atteint un certain niveau de maturité, le logiciel, quant à lui, est en pleine transformation. De plus en plus nombreux, accessibles et peu coûteux, voire gratuits, les logiciels se développent rapidement, ce qui exige qu’on les évalue, dans le but d’aider le personnel scolaire à faire des choix éclairés.

Article 1 : Comprendre le logiciel
 
Comment définissez-vous le logiciel? Un cédérom? Une clé USB? Un disque dur? Un téléchargement sur le Web? La tendance est souvent de définir le logiciel par son support, d’autant plus qu’il n’y a pas si longtemps, les deux étaient intimement liés. L’époque des cédéroms dans une grande boîte en carton n’est pas si lointaine. Le logiciel est pourtant un bien immatériel, qui peut voyager de différentes manières, selon l’évolution des supports physiques et des réseaux, comme Internet et les intranets.
 
Dans Wikipédia, le logiciel est décrit comme « un ensemble de programmes qui permet à un ordinateur […] d’assurer une tâche ou une fonction en particulier ». Le logiciel est en quelque sorte le cerveau de l’ordinateur, c’est-à-dire un ensemble d’instructions qui permettent aux objets d’exécuter des tâches prédéterminées. Cette définition englobe de nombreux types de logiciels intégrés à une multitude de biens courants tels que radio-réveil, automobile, télévision, téléphone, caméra; en fait, tout objet préprogrammé fonctionne grâce à un logiciel, de très simple à très complexe. On peut dire qu’il est présent presque partout.
 
Les concurrents d’hier cohabitent aujourd’hui
 
Quand on ouvre un ordinateur, le premier logiciel avec lequel l’utilisateur interagit est le système d’exploitation, qui fait fonctionner l’ordinateur en liant ses différentes composantes matérielles, y compris les périphériques. Les plus connus sont Microsoft Windows, MacOS et Linux. D’abord concurrents, ces trois systèmes d’exploitation peuvent dorénavant s’exécuter sur un même ordinateur. Cette solution de cohabitation mérite qu’on l’évalue à sa juste mesure, car la présence de différents systèmes d’exploitation se justifie dans des contextes où il y a une diversité d’utilisations et de ressources, comme dans le milieu éducatif.
 
De plus en plus de logiciels en ligne
 
Autrefois lié à son support, le logiciel l’est de moins en moins, surtout depuis qu’il est accessible sur Internet, avec ou sans téléchargement. La dernière génération de logiciels − les applications en ligne − ouvre de nouvelles perspectives d’interaction, autant par la facilité d’accès par un simple lien Internet haute vitesse et un navigateur que par les multiples possibilités de collaboration à distance, dans un environnement distant et partagé.
 
Cette deuxième génération du Web, ou Web 2.0, dont font partie les portails des commissions scolaires, favorise les échanges et le partage, car les outils sont communs à distance, au lieu d’être individualisés sur chacun des postes informatiques. C’est un avantage marqué pour l’élève, qui peut retrouver son environnement de travail sur tous les ordinateurs qu’il utilise, à l’école ou à la maison. Il peut de plus partager son travail et ses ressources avec d’autres élèves afin de coopérer, multipliant les occasions de travail en équipe. Par contre, le fait de travailler sur le Web soulève de nouvelles questions sur la gestion du contenu enregistré sur des serveurs commerciaux, la sécurité des renseignements personnels, l’acceptation des contrats d’entreprises, la gestion des mots de passe et de la bande passante, un ensemble de considérations qui dépasse largement le contexte du logiciel et qui pourrait faire l’objet d’un autre article en soi.
 
De plus en plus de logiciels commerciaux, gratuits ou libres
 
Le nombre de logiciels explose, le répertoire LÉ suffit à peine à en suivre le développement. Parmi la gamme de logiciels offerts, on trouve des logiciels propriétaires commerciaux, des logiciels gratuits, des logiciels libres ainsi que des logiciels sans statut particulier, dont de nombreuses applications sur le Web. On parle aussi de plus en plus de logiciels portables, qui ne nécessitent aucune installation sur un ordinateur et qui peuvent se transporter sur une clé USB, par exemple.
 
Pour les distinguer, rappelons que les logiciels propriétaires, souvent commerciaux et donc vendus, sont ceux dont la recette de fabrication − le code source −  est gardée secrète alors que les logiciels libres ouvrent le code source à tous ceux qui veulent y contribuer, tout en octroyant d’emblée des droits d’utilisation, de copie et de distribution, définis dans des licences spécifiques, comme CC (Creative Commons). Quant aux logiciels gratuits, ce sont autant des logiciels libres que des logiciels propriétaires ou commerciaux, dont la version de base, souvent moins élaborée que la version professionnelle, est offerte gratuitement à des clientèles ciblées ou non. Il est à noter que « libre » n’est pas toujours synonyme de « gratuit », car certains logiciels libres peuvent servir à vendre des services qui y sont associés.
 
À ses débuts, le Carrefour des ressources didactiques informatisées (C-RDI), le précurseur du site LÉ, n’évaluait que les logiciels créés par des entreprises, souvent sur support cédérom à l’époque. Ils représentaient 100 % du répertoire. En 2004-2005, les logiciels libres ou gratuits, devenus plus facilement disponibles sur le Web, ont été ajoutés pour tenir compte de leur multiplication et de l’évolution vers le Web 2.0. En 2009, le portrait des logiciels évalués est le suivant : plus de 80 % des logiciels du répertoire LÉ sont offerts par des entreprises et on note une forte croissance en quatre ans du nombre de logiciels gratuits ou libres, soit plus de 200 inscriptions dans LÉ. Il faut dire que leur qualité s’est améliorée au point où on ne peut plus savoir si un logiciel est bon du seul fait qu’il est libre ou commercial. Plusieurs logiciels libres sont cotés cinq étoiles et méritent une mention « coup de cœur ». On peut donc affirmer que la qualité est au rendez-vous, peu importe le statut du logiciel.

Article 2 : Logicielseducatifs.qc.ca, un service pour s’y retrouver
 
Avec la multitude de logiciels éducatifs offerts, les enseignants ont parfois besoin d’un coup de main pour réussir à faire un tri, c’est-à-dire à séparer les logiciels bien faits, utiles, conçus pour l’enseignement et l’apprentissage des logiciels fourre-tout, compliqués, mal construits, qui font perdre un temps précieux. Le site LÉ vise deux objectifs principaux :
 
-          constituer un répertoire de logiciels éducatifs;
-          publier une analyse critique des logiciels répertoriés.
 
Les logiciels sont répertoriés et analysés par une trentaine de pédagogues de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et secondaire et de l’éducation des adultes. Seuls les logiciels qui correspondent aux critères de qualité sont conservés dans le répertoire à l’intention du personnel enseignant et professionnel. Ce répertoire est aussi utile pour les parents et les élèves.
 
La banque, enrichie depuis une dizaine d’années, comprend plus d’un millier de titres actifs, regroupés en trois catégories :
 
- les logiciels conçus à des fins d’enseignement et d’apprentissage : didacticiels, tutoriels, exerciseurs, simulations et jeux, qui sont utilisés pour une activité d’enrichissement, un renforcement par l’exercice ou comme un outil complémentaire à l’enseignement;
les logiciels outils : logiciel de calculs, de diffusion, de création, de présentation, d’édition de  texte, d’enregistrement sonore ou visuel;
- les logiciels de référence : encyclopédies, banques linguistiques, musées virtuels, systèmes experts, autant de sources d’information variées.
 
Trouver le bon logiciel
 
Les quelque mille logiciels suggérés dans le site LÉ sont tous considérés comme des outils fonctionnels et utiles. Pour découvrir les logiciels les plus appropriés à l’intention pédagogique de l’enseignant, il faut commencer par interroger l’outil de recherche avancée, qui fragmente l’information selon les caractéristiques recherchées : domaine d’apprentissage, discipline, niveau scolaire, système d’exploitation, etc. Chaque fiche présente le descriptif du logiciel, les évaluations sommaires ou complètes, qui rassemblent les points forts et les points faibles ainsi que les commentaires formulés par l’enseignant-évaluateur. Un nouvel onglet Comment s’en servir? offre des pistes d’utilisation.
 
Vous ne savez pas par quoi commencer? Le menu des logiciels les plus consultés dans LÉ est pour vous. On y regroupe les dix logiciels commerciaux (payants) et les dix logiciels gratuits les plus demandés. Ces vingt logiciels servent de point de départ. Pour compléter, lisez les différentes chroniques et le bulletin LÉ nouvelles qui diffuse les nouveautés deux fois par mois. Il suffit de s’y abonner.
 
Le choix de logiciels est si diversifié qu’il revient à chacun de constituer sa propre liste. Et n’oubliez pas que le répertoire s’enrichit constamment de nouveaux titres, une trentaine par mois; il faut donc y revenir! Ce tri est aussi réalisé par des commissions scolaires, comme la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, partenaire de LÉ, qui distribue des logiciels libres ou gratuits pour ses 7500 ordinateurs pédagogiques. La CSSMI offre ainsi plus d’une centaine de logiciels, issus de plusieurs collections, qui sont choisis en fonction des besoins du personnel enseignant, disponibles sur des serveurs centralisés et accessibles sur les postes automatiquement. À noter qu’une de ces collections, Colibris, est mise à jour régulièrement, avec la collaboration de Zone libre, de la Société GRICS.
 
Article 3 : Les caractéristiques d’un bon logiciel éducatif
 
Pour être jugé intéressant du point de vue éducatif, un logiciel doit répondre à des critères regroupés dans une grille d’analyse, utilisée par tous les évaluateurs. Un bon logiciel doit posséder plusieurs caractéristiques, tant sur le plan pédagogique que sur celui de son contenu, de son fonctionnement et de l’apport des TIC. Pour l’équipe de LÉ, un bon logiciel éducatif répond à ces critères :
 
Conception et fonctionnement
- est facile à utiliser, simple et convivial;
- présente des défis stimulants, adaptés à l’âge des élèves;
- est attrayant par les images, le son, l’animation, lorsque cela est utile;
- offre un choix de configuration selon le contexte (ex. : désactiver le son en classe).
 
Pédagogie et contenu (différents pour les logiciels outils et de références)
- est conforme au Programme de formation de l’école québécoise;
- fait un lien avec des compétences ou les domaines généraux de formation;
- donne des résultats exacts;
- respecte le niveau d’apprentissage des élèves québécois;
- s’insère facilement et avec profit dans des activités spécifiques;
- ne contient pas de stéréotypes discriminatoires ou de préjugés;
- ne contient pas de publicité.
 
Accompagnement
- donne une rétroaction encourageante;
-   aide à trouver la réponse;
- fournit un rapport simple de l’évolution d’un élève;
- joue le rôle d’assistant dans les apprentissages.
 
Apport des TIC
- offre une valeur ajoutée par rapport aux méthodes traditionnelles;
- comporte des avantages significatifs en regard d’autres ressources didactiques, dont l'interactivité;
- permet de varier les approches pédagogiques.
 
 Conclusion
 
Avec autant de logiciels de plus en plus accessibles par Internet ou les portails, souvent gratuits ou peu dispendieux, l’offre de logiciels ne représente plus un problème pour l’intégration des TIC à l’école, tout comme la bande passante, depuis que le programme Villages branchés du Québec a permis de brancher les écoles en intranet et sur Internet à très haute vitesse.
 
Le défi demeure celui de profiter pleinement de ces nouvelles ressources car, introduire les TIC, ce n’est pas seulement changer d’outil, c’est aussi changer d’approche, pour en utiliser le plein potentiel. Les TIC ont leur raison d’être en classe si elles ouvrent de nouvelles perspectives et suscitent des interactions impossibles avec les moyens traditionnels. Plusieurs logiciels permettent de créer des réseaux de concepts en groupe, de réaliser des créations multimédias, d’exécuter des exercices interactifs et d’instaurer la coopération entre des élèves distants. Ces outils contribuent du même souffle à multiplier les approches dans le but de favoriser la réussite scolaire. Le logiciel peut être cet « assistant interactif » qui facilite certaines tâches, autant pour enseigner que pour apprendre, sachez le découvrir!
 

 



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