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   Évolution et tendances des logiciels en mathématiques   

Les logiciels en mathématiques sont-ils utiles, importants ou carrément indispensables? Peut-on associer quantité et qualité? Voilà des questions qui méritent d’être posées lorsque l’on observe le grand nombre de logiciels affichés sur notre site Internet.



Dans ce premier article sur le sujet, j'ai limité ma recherche aux logiciels publiés depuis moins de cinq ans se retrouvant dans la catégorie des logiciels d'accompagnement des apprentissages en mathématiques. Cette catégorie contient des didacticiels, des tutoriels, des simulateurs, des « Quêtes/Jeux », des « Tests/Évaluations » et des exerciseurs. Cette analyse m'a vite montré que cette classification en catégories n'est plus aussi étanche qu'elle l'était auparavant. En effet, avec le temps, force est de constater que beaucoup de logiciels se sont diversifiés et sont devenus beaucoup plus polyvalents. Par exemple, de simples logiciels exerciseurs ont intégré des leçons et des démonstrations aux exercices conçus au départ.

Déjà à l’adolescence je détestais les exerciseurs. Devenu enseignant, j’ai toujours refusé d’utiliser des exerciseurs traditionnels imprimés. Comprenez que mon expérience d’enseignement remonte à la période des années 1970 à 2000. J’ai connu les premiers exerciseurs informatisés à la fin de ma carrière; je les avais toujours en aversion. Cela étant dit, j'ai découvert récemment des exerciseurs dont l'évolution est telle que cette perception négative s'effrite grandement pour ne pas dire totalement.

En effet, de plus en plus souvent les exerciseurs contiennent tout un arsenal d'outils qui accompagnent les exercices. L'élève peut aller à son propre rythme, revoir une démonstration autant de fois qu'il le veut et retourner à son exercice pour le réussir. D'autres possèdent des outils qui guident l'élève en réagissant à l'erreur commise pour faciliter sa compréhension et le rediriger rapidement vers le succès. De plus, plusieurs sont offerts sur Internet et donc utilisables à la maison et en tout temps pour l'élève.

Il suffit d'aller voir les produits gratuits de l'association Sesamath en France pour comprendre ce que je veux dire. Couvrant les notions du troisième cycle du primaire jusqu'à la fin du secondaire, « MathEnPoche » se présente comme un exerciseur interactif. L'interactivité, voilà la clé qui exprime toute l'ampleur de la différence avec les exerciseurs sur papier que j'ai connus et tant détestés plus jeune. Tout y est, y compris un outil de géométrie dynamique avec « InstrumentEnPoche », une calculatrice virtuelle et plus encore. On est loin du simple exerciseur!

Depuis quelques années, au Québec, pour les élèves de mêmes niveaux, le produit québécois « Netmaths » se démarque en prenant une orientation semblable, contenant non seulement des centaines d'exercices, mais également des démonstrations et des explorations que le logiciel appelle des « démos » et des « explos ». Là aussi, on est très loin des exerciseurs que je détestais. « Netmaths » est commercial, donc payant, mais possède le grand avantage d'être collé étroitement aux programmes québécois. De plus, son prix me semble nettement inférieur au prix d'un cahier d'exercices traditionnel, lorsqu’acheté en groupe pour une classe entière. Pour les enseignants, son accès est gratuit; il suffit de s'inscrire.

La production de logiciels de cette ampleur nécessite de grosses équipes bien structurées; vous l’avez sans doute déjà compris. Si vous êtes curieux comme moi, il vaut la peine d’aller voir l’envergure de ces équipes en cliquant sur ces deux liens : l’équipe Sesamath et celle de « Netmaths ». Impressionnant, n’est-ce pas?

Au secondaire, on trouve aussi d'autres bons produits comme « Math en jeu », « Leçons & exercices interactifs au fondamental », « Matou matheux (Le) », « Boss des Maths (Le) » et beaucoup d'autres. Pour les plus jeunes, on trouve aussi un grand nombre de logiciels très intéressants. Par exemple, vous pouvez y dénicher des titres tels « Polygone Explore les mathématiques » , « Apprenti Géomètre », « Payer? Facile! », « À nous les nombres », « Croquis-Math », « MATHOUTOR », « Gcompris », et « GoMaths » pour ne nommer que ceux-là.

Plusieurs d'entre eux combinent des activités ludiques, des jeux, des vidéos, des animations et des formations pédagogiques. Par exemple, cette image du logiciel « Gcompris » illustre une situation présentée aux tout-petits. Vous trouverez d'autres images de ce genre montrant les différents contextes d'apprentissage proposés aux jeunes enfants en cliquant sur cette image. Croyez-moi, ça vaut la peine d'aller voir.

Pour les plus vieux, on met davantage l'accent sur l'animation ou la décomposition d'un problème en étapes aussi petites et simples que possible. Voici à ce propos un exemple sous forme d'image puisée à partir de « Netmaths ».

Évidemment, cette image « fixe » ne peut montrer adéquatement l'animation qui permet à l'élève d'apprendre tout à fait à son rythme. L'animation offerte par le logiciel vous donne le pouvoir d'avancer étape par étape, le pouvoir d'arrêter ou de reculer quand bon vous semble. Un autre exemple intéressant est celui de la présentation des solides : le logiciel permet de tourner la figure dans tous les sens pour mieux l'étudier. Pour manipuler ces animations, il faut soit s’inscrire, soit utiliser le démo « Essayer Netmaths gratuitement ». Par contre, en cliquant sur cette image, vous apercevrez différents contextes d'apprentissage proposés aux élèves. Vous êtes allé voir? Que souhaiter de mieux?

La troisième image présente une animation provenant du logiciel « Ebeps » de l'association Sesamath. On y découvre une démarche algébrique animée étape par étape avec les contrôles de pause, d'avance et de recul à volonté, le tout accompagné de bulles explicatives. Cliquez sur l'image pour tester la véritable version animée provenant du site original de Sesamath.

Évidemment, je pourrais vous présenter beaucoup d'autres exemples montrant les avantages qu'offrent les logiciels modernes en mathématiques. Il y en a déjà assez, je crois, pour vous faire entrevoir l'avenir de ces logiciels qui se dirigent clairement vers une diversité et une polyvalence de plus en plus grandes. J‘estime que l'intérêt pour les groupes ou associations comme Sesamath, « Netmaths » ou SMAC (créateur de « Math en jeu ») va aller en croissant.

J'en ai peu parlé dans cette chronique, mais je crois aussi qu'en parallèle continueront d'exister et d'apparaitre des logiciels plus petits, créés par des individus visant des objectifs plus restreints et plus modestes. Il s'y trouvera toujours de petites mines d'or.

Avant de terminer, permettez-moi de vous inviter à utiliser notre moteur de recherche avancé. Il vous permet d'utiliser des critères aussi nombreux que variés; par exemple : niveau, âge, type de logiciel, contenu, compétence, type de licence, plateforme, mots clés, etc. Vous y trouverez des informations fournies par les producteurs, mais aussi et surtout l'avis de nos évaluateurs qui ont testé les logiciels pour vous. Ainsi, vous pourrez faire rapidement des choix éclairés et éviter de nombreuses pertes de temps. En utilisant ce moteur de recherche, vous pourriez même vous faire une idée de l’évolution des autres logiciels dont je n’ai pas parlé dans cet article.

En terminant, je crois que vous avez anticipé ma conclusion à propos des logiciels en mathématiques classés dans le groupe des logiciels d'accompagnement des apprentissages : plusieurs logiciels en mathématiques méritent de se voir accoler les étiquettes « qualité supérieure », « indispensable » et « incontournable ». Leur évolution est phénoménale et semble inépuisable.

Les logiciels outils méritent-ils les mêmes qualificatifs? Leur évolution est-elle aussi visible et aussi phénoménale? Ce sont des questions auxquelles je répondrai dans un prochain article.

En attendant, je vous souhaite un bon voyage sur notre site.


Jean-Yves Boislard,

Gestionnaire banque LÉ,
retraité de l’enseignement (math, sciences, APO).

 



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